La perfection n’est pas de ce monde parait-il

Plus on s’intéresse au verbe et plus il éclaire. Nombreux sont les mots que l’on ne connait plus. Nombreux sont les textes, « nécessairement » traduits et interprétés, qui peu à peu perdent leur substance et leur message. C’est le cas de la Bagavad Gita, de la Bible et autres mythes et textes spirituels. Et pourtant ils nous adressent le même message ; spirituels, ils parlent le langage de notre esprit.

Intéressons-nous aujourd’hui à l’interprétation du mot : PERFECTION.

La notion de perfection est présente tant dans notre vocabulaire quotidien que dans les textes saints. Pourtant sa compréhension est souvent inconnue. Prenons pour exemple la citation, au chapitre 15 « L’esprit Suprême » de la Baghvad Gita :

« Les chercheurs s’efforçant d’atteindre la Perfection Le voient résidant en eux. Mais les êtres frustes et peu intelligents, malgré leurs efforts, ne Le voient pas. »

La perfection par définition c’est l’état de ce qui est idéal et idéal n’est autre que ce qui est relatif à l’idée. Idea/ae signifie modèle éternel de choses, la vérité en d’autres mots. Platon appelait idéal, l’essence intelligible des choses sensibles. Bref, la perfection décrit un état mental intérieur de paix, d’union de ses pensées.

Autre précision : La perfection est un état de plénitude dans la possession de toutes qualités et absence de défaut. La pensée est « en possession » signifie qu’elle se procure elle-même son chemin. Elle est en état de remplir sa destination. Elle est son propre professeur.

Elle maîtrise toutes ses qualités ! Toutes ses manières d’être. Le mental a conscience de tous ses angles de vues, de toutes ses pensées, toutes ses propriétés. Toute ce qui le compose est vu, connu.


Et il n’y plus un défaut, plus un écart malheureux par rapport à l’état idéal ou attendu. L’absence de défaut signifie donc que la pensée n’a pas d’autres références qu’elle-même. Elle est vierge de toutes idées préconçues, d’habitude, de conditionnement. Elle est à la source de son propre pouvoir de création, de mémoire, de fonctionnement, de réalisation. Car c’est bien de cela dont il s’agit de l’état de plénitude (d’entièreté) mental appelé aussi Samadhi. "dhi" signifiant pensée, esprit, conscience, intelligence et "Sama" l’égalité, l’équanimité.

Samadhi est un état de réalisation vibratoire et conscient, un état de connaissance dans lequel on entre progressivement ; par l’étude du verbe, l’identification de ses illusions et de conditionnements projetés dans sa mémoire et dans sa vie. Qu’est-ce que je me suis dit devoir être d’autre que moi-même ? En voyant les défauts, c’est–à-dire les écarts entre ce que je suis, être humain, et l’image reflétée par les injonctions culturelles, sociétales mais aussi par les guides trompeurs qui m’ont aveuglé. Ce qui a rempli par une définition, un espace de ma pensée, limitant mon univers à quelques étoiles. Par la réflexion (la méditation au sens réel du terme), je vois les écarts avec la réalité, les divisions créées dans ma pensée.

Alors ma propre (pure) nature apparait, sans filtre, sans voile.

Alors ce que j’envisageais comme « réalité » montre son apparence, les reflets des mythes et des secrets du monde. On se heurte à la fausseté du monde conditionné et on s’unit à soi, seule référence logique, naturelle, ce qui est. On se détache de l’illusion et on revient à la vision de la réalité. Les mouvements du mental ne tournent plus en boucle sur un sujet. Les mouvements du mental forment le bouclier pour être capable d’affronter la réalité.


La perfection est cet état de plénitude, de paix, cet état de vision (samadhi).

La compréhension du système technique et philosophique de l'Ashtanga yoga nous guide dans cette reconquête de notre état naturel.


« Mais les « êtres » frustes et peu intelligents, malgré leurs efforts, ne Le voient pas. ».

Il n’est pas question ici d’hommes frustres ou peu intelligents. Tous les textes spirituels s’adressent à l’esprit, le mental, nos pensées, notre raisonnement. Nos pensées engendrant nos humeurs, nos états d’esprits. Lorsqu’elles sont dans l’erreur (Frustre du latin frustrare «tromper, décevoir »), alors ma conscience n’est pas. Le « sujet réel » reste dans l’ombre. L’égo reste conditionné. De même, lorsque la pensée « ne connaît bien », « n’a pas la faculté de connaître » (intellegens «connaisseur»), la compréhension ne peut pas s’établir.


Cerner les mouvements de mon mental (appelés vrittis), les comprendre et voir les sujets sur lesquels je me berce d’illusion. Se perfectionner dans l’unique sens de la perfection, voir nos doubles pensées, les comparer car comparer n’est autre que « rapprocher des êtres, des objets de nature différente pour faire ressortir un trait commun ou un rapport d’égalité ». Il est question de réunir, « retrouver nos esprits » pour ne faire qu’un. En aucun cas d’opposer ou de diviser, ce ne sont que nos conditionnements qui nous scindent et nous décomposent. Heureusement, ils ne sont qu’illusoires ! Ce sont eux les sujets de nos prises de tête. Les pensées sous lesquelles nous sommes sous emprise ; celles qui ne sont pas nées naturellement en nous.




© @SKL5582/@ROCKS.UP/@KOBOQ/INSTAGRAM

Posts récents

Voir tout